Pierre de Ronsard, Prince des Poètes
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ierre de Ronsard (1524 - 1585), poète français et prince des poètes (comme on l'appelait de son temps) est né au Château de la Possonnière dans le Vendômois (Loir et Cher) le 11 Septembre 1524, il était le plus jeune de la famille. Il fut nommé page du fils aîné du roi, François, puis de son frère le Duc d'Orléans. Quand Madeleine de France épousa James V d'Ecosse, Pierre de Ronsard fut attaché au service du Roi et vécut 3 ans en Grande-Bretagne.
De retour en France en 1540 il fut à nouveau au service du Duc d'Orléans. Sa carrière diplomatique prometteuse fut stoppée net par une attaque de surdité et il se consacra désormais à ses études. On lui doit la création du mouvement littéraire La Pléiade qui regroupait 6 autres écrivains. Nommé poète royal par Charles IX, Pierre de Ronsard écrivit un grand nombre de poèmes ses sujets de prédilection étant le patriotisme, l'amour et la mort. Son oeuvre la plus ambitieuse La Franciade (1572), un grand poème épique, restera inachevée. On lui doit aussi en 1562, 2 grands poèmes patriotiques déplorant les guerres de religion. A part les Odes, ses plus célèbres poèmes sont certainement les Sonnets à Hélène, où le poète âgé excelle à renouveler le genre poétique de l'amour courtois.
A la fin de sa vie Pierre de Ronsard demeurait au Prieuré de St. Cosme près de Tours, il y fut enterré le 24 Décembre 1585. (www.jardinsentouraine.com)
De nos jours la poésie de Ronsard fait partie de notre mémoire collective et chacun de nous peut encore réciter quelques-uns des vers appris sur les bancs de l'école, comme "Mignonne allons voir si la rose...".

ODES
A Cassandre
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! Voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, ses beautés laissé choir !
O vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
AMOURS DE CASSANDRE
Prends cette rose
Prends cette rose aimable comme toi,
Qui sers de rose aux roses les plus belles,
Qui sers de fleur aux fleurs les plus nouvelles,
Dont la senteur me ravit tout de moi.
Prends cette rose, et ensemble reçois
Dedans ton sein mon coeur qui n'a point d'ailes :
Il est constant, et cent plaies cruelles
N'ont empêché qu'il ne gardât sa foi.
La rose et moi différons d'une chose :
Un soleil voit naître et mourir la rose,
Mille Soleils ont vu naître m'amour,
Dont l'action jamais ne se repose.
Que plût à Dieu que telle amour enclose,
Comme une fleur, ne m'eût duré qu'un jour.
SECOND LIVRE DES AMOURS
Comme on voit sur la branche au mois de May la Rose
Comme on voit sur la branche au mois de may la rose,
En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au point du jour l'arrose ;
La grâce dans sa feuille, et l'amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d'odeur ;
Mais battue ou de pluye, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, feuille à feuille déclose.
Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,
La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçoy mes larmes et mes pleurs,
Ce vase pleine de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses.
SONNETS POUR HELENE
Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle
Quand vous serez bien vieille au soir à la chandelle
Assise auprès du feu dévidant et filant
Direz chantant mes vers et vous émerveillant,
Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle
Lors vous n'aurez servante oyant telle nouvelle
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille réveillant
Bénissant votre nom de louange immortelle
Je serai sous la terre et fantôme sans os
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos
Vous serez au foyer une vieille accroupie
Regrettant mon amour et votre fier dédain
Vivez si m'en croyez n'attendez à demain
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

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